Par Ambroise Monod

La tombe de Wilfried Monod et de son fils Théodore au cimetière de Châtillon (Hauts-de-Seine)
Alors qu’il s’apprêtait à repartir pour une expédition en Mauritanie, un accident médical soudain le contraint à l’hospitalisation. Privé de l’usage de la parole et de la marche, il passe ses ultimes semaines entouré par une communauté religieuse avant de s’éteindre sereinement. Ses obsèques publiques se déroulent dans sa paroisse parisienne en présence d’une foule immense et variée. Ce rassemblement regroupe sa famille, des scientifiques de multiples disciplines, des militants pacifistes ou écologistes ainsi que des représentants politiques. Un drap symbolisant l’universalisme spirituel recouvre alors son cercueil. Par la suite, il est conduit à sa dernière demeure dans un cimetière de la banlieue sud afin de rejoindre ses proches. Lors de cette ultime cérémonie, une chamelle est exceptionnellement autorisée à déambuler dans les allées pour honorer la mémoire de ce grand méhariste, tandis que des poignées de sable du désert sont jetées sur sa tombe.
Le document met également en lumière l’immense contribution de cet intellectuel à la connaissance du Sahara occidental. À travers des projets de documentaires et de nombreuses publications, il a cherché à dévoiler au grand public la réalité du désert, sa préhistoire, ses populations nomades, sa flore et ses zones salines. Reconnu par l’État et le milieu universitaire, il a reçu de prestigieuses distinctions tout au long de sa carrière, bien qu’il restât humble face à ces honneurs. Aujourd’hui, sa mémoire perdure à travers une multitude de monuments, de bustes, de promotions d’étudiants et d’établissements scolaires qui portent fièrement son nom.
