Livres

Bien avant les ouvrages modernes ou coloniaux, le Sahara et ses populations étaient décrits dès le Moyen Âge par des voyageurs, géographes et historiens du monde arabe et d’Afrique du Nord.

Les premiers livres modernes apparaissent à la fin du XVIIIe siècle. En 1798, l’Allemand Friedrich Hornemann réussit et relate une exploration du Sahara. En 1830, le Français René Caillié publie Journal d’un voyage à Tombouctou et à Jenné, dans l’Afrique centrale, précédé d’observations faites chez les Maures Braknas, les Nalous et autres peuples. En 1864, Henri Duveyrier (publie Les Touareg du Nord, récit de son exploration de 1859 à 1861.

Au siècle suivant, Les Amis du Sahara, ancêtre de La Rahla / Les Sahariens, voient le jour en 1927. Dès lors, qu’ils soient militaires, scientifiques ou explorateurs, leurs membres sont nombreux à publier des récits sahariens. C’est encore le cas aujourd’hui. Vous trouverez ci-dessous une liste non exhaustive de ces passionnants ouvrages.

Nos auteurs et leurs ouvrages

Guy Barrère (1926-2017)

 En 1947, Guy Barrère arrive dans ce Sahara qu’il ne quittera plus. IL y sera instituteur-nomade durant une décennie. En 1956 il est sera nommé instituteur à Idelès. Il y enseignera jusqu’en 1978 et y résidera jusqu’à sa mort. G. Barrère a publié de nombreuses études sur des sujets divers dans plusieurs revues. Surtout il fut une personne référente pour de nombreux chercheurs et notamment pour Marceau Gast. En 2014, il publia un livre de souvenirs sur son expérience saharienne.

Odette et Jean-Louis Bernezat habitent Voiron, en Isère. Jean-Louis est guide de haute montagne et Odette alpiniste. Ils ont été les premiers à organiser des treks dans le désert Saharien à la fin des années 60. Ils cumulent à ce jour 110 000 km à dos de chameau. Ils ont publié de très nombreux livres et donné d’innombrables conférences dédiées au Sahara.

C’est à la fin des années 1950, au cours d’une enquête sur de jeunes immigrés à Abidjan, qu’Edmond Bernus rencontre, pour la première fois, les Touaregs. En 1962, il commence ses recherches sur ce peuple en participant à un inventaire des populations du Niger, qui le conduit à établir un panorama d’une société complexe et très hiérarchisée. Décédé en 2004, Edmond Bernus était le géographe des Touaregs et l’un des meilleurs spécialistes de ce peuple.

Agrégé de géographie, Jean Bisson (1930-2021) était professeur émérite à l’Université de Tours. Il a effectué de nombreuses missions au Sahara. Ses recherches portaient sur l’évolution des oasis, la sédentarisation des nomades, la transformation des villes sahariennes et les processus de développement au Sahara. Il a écrit de nombreux articles et ouvrages.

Le Sahara / Mythes et réalités d’un désert convoité (2003)

Dans l’imaginaire collectif, la simple évocation du Sahara déclenche une avalanche de mythes et de fantasmes : le pays envoûte, subjugue, au risque de faire perdre tout esprit critique. Comment les Sahariens réagissent ils face à un bouleversement qui n’a pas eu d’équivalent dans le passé ? Le Sahara est-il l’Eldorado dont certains ne cessent de vanter les infinies potentialités ? Quant au développement, ardemment souhaité pour répondre à la croissance démographique, n’est-il pas devenu un insidieux facteur de désertification ? Quelques décennies de recul permettent de dresser un état des lieux qui ne manquera pas de modifier la perception du lecteur à l’égard du plus grand désert du monde.

Et aussi :

Le Gourara, étude de géographie humaine (1957)

Développement et mutations au Sahara maghrébin (1993)

Guide saharien, Jean-Claude Bourgeon a passé l’essentiel de sa vie dans le désert pour organiser des expéditions avec des amis, des scientifiques et parfois des clients. Il fut le guide et devint l’ami de Maximilien Bruggmann, photographe suisse passionné de Sahara, à qui il a consacré un livre co-écrit avec Alex Décotte.

Maximilien au désert

Sans doute trop discret et trop réservé pour devenir célèbre, Maximilien Bruggmann fut pourtant l’un des plus grands photographes du désert. Son œuvre est gigantesque, son itinéraire exceptionnel.

Maximilien Bruggmann (1934.2016) fut l’un des plus grands photographes suisses. Pendant un demi-siècle, il a parcouru le monde pour réaliser une soixantaine de livres. Il s’est rendu à de multiples reprises dans les lieux les plus reculés du désert saharien, à la rencontre de ses amis nomades. Sa passion était la recherche de gravures rupestres dont les auteurs, photographes avant l’heure, ont laissé dans la pierre les instantanés de la vie préhistorique, au temps où le Sahara était vert. Entre 1959 et 1961, Maximilien a également rèalisé un film rare sur la vie quotidienne des Touareg, Ombres bleues du Tassili, disponible sur la page Youtube des Sahariens.

Sahara Art Rupestre (avec Henri-Jean Hugot, préface Théodore Monod

L’histoire humaine nous est représentée de façon réaliste par l’immense assemblage de témoignages ornant une bonne partie des rochers sahariens, dès que leur surface offre la possibilité de peindre ou de graver. Récit millénaire des menaces auxquelles les hommes ont dû faire face avant la disparition des pluies et l’assèchement des rivières.

Et aussi:

Sahara (texte de Sylvio Acatos)
Les Touareg  (texte de Jean Gabus)
Les gens du matin / Sahara Dix mille ans d’art et d’histoire (texte de Henri-Jean Hugot)
Maroc millénaire (texte de Henri-Jean Hugot)
L’Egypte (textes de Barbara Begelsbacher Fischer et Arnold Hottinger)
La route des épices (texte de Jean-Christian Spahni)
Ténéré – Durch die südliche Sahara (texte de Hans Ritter)

Gabriel Camps est un préhistorien français, spécialiste de l’histoire des Berbères, né à Oran en 1927 et mort en 2002à Aix-en-Provence. Il laisse une œuvre considérable consacrée essentiellement à la préhistoire et à la protohistoire de la Méditerranée occidentale, plus particulièrement de l’Afrique du Nord-Ouest. L’essentiel de ses recherches a été mené en Algérie et en Corse.

Les Berbères / Mémoire et identité

Connus dès le temps des pharaons égyptiens, les Berbères ont occupé un immense territoire, de la Méditerranée au sud du Niger, de l’Atlantique au voisinage du Nil. Les millénaires ont passé et, malgré les vicissitudes d’une histoire particulièrement mouvementée, des groupes de populations berbères subsistent de nos jours dans une douzaine de pays africains, coupés les uns des autres mais fidèles pour la plupart à leur culture, à leur langue et à leurs traditions.
Paru en 1980, cet ouvrage de Gabriel Camps proposait pour la première fois une étude complète de l’histoire et de l’identité berbères, prenant en compte toutes les disciplines – archéologie, géographie, ethnologie, linguistique, arts… 

Et aussi :

Berbères: aux marges de l’histoire
Des rives de la Méditerranée aux marges méridionales du Sahara: les Berbères
Les civilisations préhistoriques de l’Afrique du Nord et du Sahara
L’Afrique du Nord au féminin
La préhistoire: à la recherche du paradis perdu
Manuel de recherche préhistorique

Chloé Capel est archéologue, chargée de recherche au CNRS au laboratoire Orient et Méditerranée (UMR 8167) au sein de l’équipe Islam médiéval. Ses travaux portent sur les sociétés, notamment urbaines et agricoles, implantées au Sahara durant l’époque médiévale et moderne. Elle co-dirige actuellement la Mission archéologique d’Aghmat (Maroc) et la Mission archéologique d’Azougui (Mauritanie).

Sijilmassa porte du Sahara (P.U.R. 2025)

La ville médiévale saharienne de Sijilmassa, fondée aux environs du VIIIe siècle de notre ère, tient une place considérable dans le récit national et dans l’imaginaire populaire du Maroc : berceau de la dynastie régnante, site pourvoyeur d’or pour le bassin méditerranéen, carrefour caravanier sur les routes transsahariennes, enjeu économique que, de Cordoue à Tunis, tous les pouvoirs politiques de l’Occident musulman se sont disputé, ce site archéologique des confins du désert est célèbre bien au-delà des frontières…

Marcel Cassou, saharien passionné, est un polytechnicien qui a effectué une carrière industrielle puis bancaire. Il a publié une demi-douzaine d’ouvrages dont : Le Transsaharien : l’échec sanglant des missions Flatters, Feu nucléaire sur l’Iran, Les routes de la faim, comment survivre au Sahel, Otages au Mali.

Sur les routes de la faim

En 1973, le Sahel est frappé par une terrible sécheresse. Le manque de moyens de transport empêche de distribuer les secours dans nombre de régions. Le club « les Routes du Monde » décide de participer conrètement à l’effort de secours en prenant en charge les distributions de vivres dans les campements du nord du Niger. Cette action, prévue initialement pour trois mois, durera deux ans.

Et aussi:

Le Transsaharien: l’échec sanglant des Missions Flatters

Petit Frère de Jésus, Antoine Chatelard (1930-20219 a résidé dans l’Ahaggar (soit à l’Assekrem soit à Tamanrasset) de 1954 à 2016. Il y exerça plusieurs métiers. En 1977, il devient le « curé de Tam ». Grâce à cette longue présence, aux liens tissés avec les habitants et à sa parfaite connaissance de la langue tamāhaq, le savoir d’Antoine Chatelard était grand. Il touchait à de nombreux domaines: la langue tamāhaq bien sûr, l’histoire, l’ethnologie, la botanique… Antoine partageait volontiers ses connaissances non seulement avec les habitants de l’Ahaggar mais aussi avec tous ceux qui, durant plus d’un demi-siècle, profitèrent de ses remarques. Antoine Chatelard a écrit de nombreux articles sur la vie et l’oeuvre scientifique du Père de Foucauld. Loin de tout à-priori et faisant preuve d’une rigueur historique remarquable, ses trois livres sur Foucauld sont devenus incontournables.

La mort de Charles de Foucauld, Karthala, 2000.

L’auteur présente les deux dernières années de la vie de Charles de Foucauld comme le passage d’une rive à l’autre de l’oued Tamanrasset, mais la trame du récit s’appuie sur la valeur symbolique de ce passage, il prépare un autre passage, sur un autre rivage, définitif celui-là. Comment est mort Charles de Foucauld ?A-t-il vraiment été assassiné ? Dans quel but ? Est-il mort martyr ou victime d’un complot, voire d’une vengeance ? Une mort héroïque ou une balle perdue ? Bavure dans une prise d’otage commanditée ou volonté de supprimer une personnage gênant ? Toutes les suppositions ont été faites …

Et aussi :

Charles de Foucauld. Le chemin vers Tamanrasset, Karthala, 2002.

Charles de Foucauld à Tamanrasset, Un nouveau regard, Salvator, 2021.

Jean Clauzel, né en1924 à Montmorency et mort en 2009 à Paris, a exercé les fonctions d’administrateur colonial. Dès 1046, il a effectué plusieurs séjours au Mali avant d’être envoyé à Goundam et à Kidal puis à Gourma-Rharous  et à Tombouctou. Nommé administrateur de la France d’outre-mer, il a été envoyé en Algérie dans la région de Tamanrasset.

L’Homme d’Amekessou. Singulier amour, leur attachement constant dans l’inconstance, dans l’approche de la décolonisation puis à travers les deux révoltes successives d’un monde touareg à la recherche de son identité. Ils furent l’un pour l’autre « l’homme d’amekessou », Paul, dans sa passion mais aussi dans son indécision, Lawa fidèle à jamais à sa montagne et à son peuple.

Ancien officier de Marine, Jean-Marie Cortade (1909-1995) a rejoint les petits frères de Jésus en 1940. En 1951, il s’installe à Tamanrasset puis, à compter de 1955, dans l’ermitage de l’Assekrem. Il y résidera jusqu’en 1989. C’est là qu’il rédigera son Lexique français-touareg, complément indispensable au Dictionnaire en 4 volumes du Père de Foucauld. Il publiera également un Essai de grammaire touarègue en 1969.

Voyages & explorations au Sahara – 1873-1874: Désert lybique, Siwah et les oasis d’Égypte (Tome IV) Livre broché – 1 janvier 2002

Dans ce voyage, Rohlfs inaugure les missions pluridisciplinaires. Ily aura en effet un botaniste, un paléontologue, un géodésien et un photographe. S’y ajoute un nombre considérable d’instruments. L’expédition va à Farafra, puis à Dakhala, d’où Rohlfs voudrait rejoindre l’oasis mystérieuse de Koufra.

Alex Décotte, né en 1944, a été journaliste à la Radio suisse romande et à la Télévision suisse romande. Il a également collaboré à Europe 1, France Inter et TV5 Monde. Il a pubié une quinzaine de livres, parmi lesquels Maximilien au désert, consacré à Maximilien Bruggmann, son ami, photographe suisse passionné de voyages et de Sahara. A quatre-vingts ans passés, Alex Décotte continue à bourlinguer et à écrire. Il vient de créer une maison d’édition, Alpha Delta Editions, qui met en valeur les aventures de citoyens engagés aux quatre coins du monde.

Maximilien au désert (2024), avec Jean-Claude Bourgeon

Sans doute trop discret et trop réservé pour devenir célèbre, Maximilien Bruggmann fut pourtant l’un des plus grands photographes du désert. Son œuvre est gigantesque, son itinéraire exceptionnel. Il a couru le monde pendant un demi-siècle et publié une cinquantaine de livres, dont pluasieurs consacrés au Sahara, sa passion première et ultime.

Raymond Depardon, né le 6 juillet 1942 à Villefranche-sur-Saône, est un photographe, réalisateur, journaliste et scénariste français. Réalisateur de film documentaires au Sahara et dans le monde entier, il a créé l’agence photographique Gamma en 1966. Auteur de npmbreux livres, il est membre des Sahariens depuis de nombreuses années et a honoré de sa présence plusieurs de nos rencontres.

Désert (avec Kamel Daoud).

Le désert vu par Raymond Depardon à travers 60 ans de reportages politiques, de commandes photographiques, de tournages cinématographiques et d’explorations personnelles en Afrique du nord et au Moyen-Orient. Onze pays, leurs paysages, leurs peuples et leurs conflits, immortalisés en noir et blanc par une légende du photojournalisme.

Et aussi:

Voyages

Afrique(s)

La Porte des larmes: Retour vers l’Abyssinie

Un aller pour Alger

Désert, un homme sans l’occident

Rêve de déserts

Tibesti : Sahara interdit 

Paul Doury était un médecin militaire en France, au Maroc, et dans d’autres pays africains. À sa retraite, il s’était consacré à des travaux historiques. Mais la retraite n’a pas signifié pour lui l’arrêt de toute activité. La recherche historique avait toujours été une passion inassouvie. À sa retraite, il a repris ses études et obtenu un doctorat d’histoire, avec comme sujet « Lyautey et le Tafilalet ».

Un échec occulté de Lyautey : L’affaire du Tafilalet Maroc Oriental (1917-1919)

L’idée fixe de Lyautey, dès 1915, était de réaliser la jonction entre le Maroc occidental et le sud du Maroc oriental. L’évacuation calamiteuse du Tafalilet à la suite du combat sanglant mais pourtant victorieux de Gaouz , en août 1918, provoqua un soulèvement général contenu au prix de l’envoi d’importants renforts. Lyautey fera tout pour faire disparaître de l’Histoire du Maroc cette regrettable « Affaire du Tafilalet » qui aurait pu ruiner son œuvre par ailleurs exemplaire au Maroc.

Grand saharien, Jean Dubief (1903-2003)  a travaillé à l’Institut de météorologie et de physique du globe de l’université d’Alger, puis à Tamanrasset (1932-1942) et à nouveau à Alger (1945-1962) avant de rejoindre l’Institut de physique du Globe de Paris (1962-1968).

L’Ajjer / Sahara oriental

L’Ajjer est le territoire parcouru par les Kel-Ajjer dans leur nomadisation, d’où son nom. Situé au sud du Grand Erg oriental, il est partagé actuellement entre l’Algérie et la Libye. Histoire de la découverte de cette région au XIXe siècle, présentation ethnographique des Touaregs qui y vivent et caractéristiques morphologiques, géologiques, climatiques et hydrologiques du territoire.

Et aussi :

Essai sur l’hydrologie superficielle au Sahara

Christian Dupuy, spécialisé en civilisations africaines, docteur en Lettres et Sciences Humaines de l’Université d’Aix-Marseille I, chargé d’enseignement en Universités du Temps Libre, archéologue affilié à l’Institut des Mondes Africains (CNRS Paris). Étude des modes de vie et des croyances des sociétés d’Afrique septentrionale du VIIe millénaire av. J.-C. au Ier millénaire apr. J.-C. Inventaires archéologiques et enquêtes.

Publications

Articles et comptes rendus consultables sur les portails académiques :
https://shs.hal.science/search/index/q/*/authFullName_s/Christian+Dupuy
https://www.researchgate.net/profile/Dupuy-Christian/publications
https://imaf.academia.edu/dupuychristian

Jean-Marc Durou

Né en 1951 à Alger, Jean-Marc Durou découvre à l’âge de 23 ans le Niger, le Mali et la Mauritanie. Il a alors un véritable coup de foudre pour le désert et devient photographe et historien du désert. C’est au contact des nomades touareg que se révélera une autre passion, la photographie, avec l’unique désir de faire partager ses émotions. Comme l’écrivait son ami, Théodore Monod : « Ici même les rois redeviennent l’esclave du réel ».

L’exploration du Sahara

Le lecteur trouvera au fil des pages l’histoire des chars des Garamantes, l’épopée de Barth sillonnant un espace qu’il finira par cartographier, les compagnies méharistes et la découverte des peintures rupestres qui font du Sahara le plus grand musée à ciel ouvert du monde. Mungo Park, René Caillié, Saint-Exupéry ou Théodore Monod, tous ceux qui l’ont approché ont finalement dédié leur vie au Sahara, l’endroit du monde où le géologique rejoint le mystique et où chacun de nous peut se trouver seul au monde.

Interview de Jean-Marc Durou

Marc Franconie est président honoraire de La Rahla – Les Sahariens et co-fondateur du Centre d’études sur l’histoire du Sahara (C.E.H.S.).

Henri de Saint-Léger: Un Saharien (1903-1916)

Dans les divers récits qui ont trait à la « Grande Histoire » de la pénétration française au Sahara, le nom de Saint-Léger n’est pas inconnu. Toutefois, on ne savait pas grand-chose de cette personnalité participant à nombre d’opérations, de reconnaissances et de « contre-rezzou ».

Et aussi:

Forts sahariens des territoires du Sud (avec Roger Delerive) 

Karl-Moritz von Beurmann, Voyages et explorations 1860-1863

Roger Frison-Roche, né le 10 février 1906 à Paris et mort le 17 décembre 1999 à Chamonix où il est enterré, fut un guide de haute montagne, journaliste, moniteur de ski, explorateur, conférencier et écrivain. Outre ses nombreux ouvrafges consacrés à la montagne, il a publié plusieurs récits et roman en lien avec le Sahara (Hoggar, Le rendez-vous d’Essendilène, La piste oubliée). Il a été membre de La Rahla dès 1976.

La piste oubliée. Chargé de capturer un Touareg meurtrier, le lieutenant Beaufort, rude Savoyard et novice du désert, prend le commandement de l’expédition du professeur Lignac. Sur la route secrète de l’or et des esclaves, marquée du sceau de Salomon, tensions et conflits se multiplient, alors qu’un bras vengeur cherche à décimer le convoi.

Marceau Gast (1927-2010)a débuté par le métier d’enseignant. Il partit en 1948 exercer au Sahara, d’abord en milieu sédentaire, puis en tant qu’instituteur nomade (1951-1956). Après ce premier contact, il va entamer une carrière d’ethnologue en étudiant l’alimentation des populations sahariennes. Par la suite il étendra son champ d’investigation dans d’autres domaines comme l’histoire et l’organisation sociale et parentale des Touaregs.

Tikatoûtîn

Un instituteur chez les Touaregs : « Je voulais comprendre au plus profond cette société. Ce n’est pas parce que je voulais leur enseigner ma langue, le calcul et des ouvertures sur le monde que je m’octroyais aussi la tâche d’imposer ma culture et ses règles. Je sentais qu’il me fallait tout apprendre de ce petit monde raffiné, malgré l’apparence rustique de cette vie, car c’était aussi cela que j’étais venu chercher. Leurs différences m’apprenaient a mieux me définir moi-même, à mieux me situer et me comprendre. Tout cela était implicite en moi, instinctif, et préfigurait déjà l’attitude, le comportement moral que j’ai tout naturellement pratiqué bien plus tard en tant qu’ethnologue. »

Et aussi :

Alimentation des populations de l’Ahaggar
Moissons du désert

La plupart des articles de Marceau Gast ont été regroupés dans un imposant ouvrage édité en Algérie
sous le titre Des Huwwara aux Kel-Ahaggar, Alger, CNRPAH.
A la MSHM d’Aix en Provence, un fonds Marceau Gast, consultable en ligne, regroupe des archives sonores,
iconographiques et textuelles produites lors de ses enquêtes de terrain.

André-Paul Hesse

L’exploration du Désert Libyque, entre 1900 et 1940 Une rétrospective unique. Herstellung und Verlag / Nordersted – Deutschland

Henri-Jean Hugot (à gauche avec Jean-Claude Bourgeon et Maximilien Bruggmann) est mort en 2014, dans sa 98e année. Né à Paris en 1916, il avait consacré sa vie à l’Afrique et plus spécialement au Sahara. À l’instar de Théodore Monod, Raymond Mauny et Jean Devisse, il faisait partie de cette génération d’hommes dont la culture encyclopédique et la passion pour la recherche du passé de l’Afrique ont su attirer nombre de jeunes étudiants, africains et africanistes. Il était l’ami du photographe suisse Maximilien Bruggmann.

Sahara / Art rupestre (préface de Théodore Monod, photos de Maximilien Bruggmann)

L’histoire humaine nous est représentée de façon réaliste par l’immense assemblage d’animaux couvrant une bonne partie des rochers sahariens, dès que leur surface offre la possibilité de peindre ou de graver. Il était donc normal de prendre en compte cet art rupestre, émouvant témoignage des menaces auxquelles les hommes ont dû faire face, et qui se sont impitoyablement traduites par la disparition des pluies, l’assèchement des rivières et des lacs. Or, l’eau est primordiale à toute forme de vie.

Titulaire d’un DEA d’histoire contemporaine. Professeur de Lettres (en 2008). Auteur de nombreux ouvrages sur le Sahara.

La découverte du Sahara en 1900 

En 1900 le Sahara restait encore un continent mythique pour les Européens. Les oasis interdites et la crainte inspirée par les rezzous des farouches guerriers touaregs enflammaient l’imagination des nouveaux arrivants.  Quelques années vont suffire pour que le mythe devienne réalité. La prise d’In Salah et le combat de Tit où s’affrontèrent Touaregs et troupes coloniales françaises ont marqué la fin d’une époque.  Nostalgie d’une période révolue, désir de faire revivre par le texte et l’image un monde qui finissait, ce livre nous conduit aux sources de l’histoire saharienne contemporaine.
Photographie, documents et cartes postales accompagnent le témoignage de sahariens intrépides lancés à l’aventure sur les pistes du Sud.
Et aussi:

L’oeuvre du Colonel Carbillet au Sahara

Le petit soldat en Algérie

Mission aérienne au Sahara en 1916

Géologue, naturaliste d’une longévité et d’une endurance peu communes, Théodore Monod a parcouru pendant plus d’un demi-siècle sa terre de prédilection : le Sahara.  Mais bien plus que la performance, c’est la nature qui l’intéresse : falaises, sables et pierres ; scorpions, serpents ou coléoptères ; et cette végétation à la fois si rare et précieuse, dont il nous détaille avec amour formes et couleurs. Nourrie d’histoire, de littérature et de poésie, son écriture a pris, comme par mimétisme, les caractéristiques du désert : sèche et minérale, elle sait nous restituer la magie de ces horizons éblouissants, où l’homme navigue comme sur une mer.

Méharées reste le plus célèbre des livres de Théodore Monod, spécialiste incontesté du désert, qu’il a parcouru pendant plus de soixante-dix ans à dos de chameau ou à pied. Il n’a pas son pareil pour évoquer les paysages mauritaniens, raconter ses longues méharées dans les dunes et décrire la faune, la flore, l’histoire ou la préhistoire de ces régions où, dans les années 1930, il entendit parler d’une mystérieuse et gigantesque météorite qu’il n’allait cesser de chercher durant un demi-siècle, avec une insatiable curiosité.

Et aussi:

Maxence au désert

Un thé au clair de lune

L’émeraude des Garamantes

Le chercheur d’absolu

Révérence à la vie : conversations avec Jean-Philippe de Tonnac

Et si l’aventure humaine devait échouer …

Historien, originaire de Colomb Béchar, Jacob Oliel a travaillé sur la présence ancienne d’une population juive au Sahara. Afin de tenter de reconstituer leur histoire, il y a effectué plusieurs voyages et a rencontré de nombreux descendants de ces juifs, aujourd’hui islamisés, identifiables au souvenir qu’ils ont gardé de leurs origines, à des coutumes, des techniques, à certains éléments lexicaux, à des patronymes. Il a également travaillé sur le rabbin Marchodée qui a accompagné Charles de Foucauld lors de son voyage au Maroc

De Jérusalem à Tombouctou – L’odyssée saharienne du rabbin Marchodée, Olbia,1998.

Et aussi :

Les juifs au Sahara. Le Touat au Moyen Age, CNRS, 1994.

Professeur émérite d’ethnologie à l’université Paul Valéry et ancien directeur de la Maison des sciences de l’homme de Montpellier, Paul Pandolfi a résidé durant neuf ans en Algérie en tant que coopérant. Il a par la suite effectué plusieurs séjours au Sahara. Il a publié de nombreux livres consacrés aux peuples du Sahara et préside le Comité Languedoc-Roussillon des Sahariens.

Les Touaregs de l’Ahaggar

Cet ouvrage est consacré aux Touaregs Dag-Ghâli, important groupe tributaire qui réside dans la région de l’Ahaggar (ou Hoggar) dans l’extrême Sud algérien. Parenté et résidence jouent ici un rôle déterminant, notamment en ce qui concerne les alliances matrimoniales. Principe matrilinéaire et principe patrilinéaire, ou encore, pour reprendre les métaphores utilisées par les Kel-Ahaggar, le « ventre » et le « dos » s’avèrent deux axes majeurs d’identification.

Et aussi :

Une correspondance saharienne

La conquête du Sahara

Charles de Foucauld, homme de science

Berny Sèbe. Jusqu’au décès de son père, Alain Sèbe, en 2024, Berny Sèbe a partagé avec lui la plupart de ses grands voyages au Sahara. Aujourd’hui, Berny Sèbe est docteur en histoire coloniale et du Commonwealth de l’Université d’Oxford, et “associate professor” en études coloniales et postcoloniales à l’Université de Birmingham, où il enseigne l’histoire des empires à des étudiants de premier et de second cycle, mais aussi en tant que directeur de thèse, avec près d’une trentaine de doctorants.

Saharas, entre Atlantique et Nil (2001). Au fil d’une promenade qui nous entraîne de l’Atlantique (Maroc) au Nil (Egypte), en passant par la Tunisie, l’Algérie et la Libye, Alain et Berny Sèbe dévoilent leur passion pour le désert à travers près de 230 photographies dont beaucoup sont inédites.

Et aussi:

L’Image du Sahara (1999)

Redjem, Libye des grands espaces (2000)

Tibesti, Sahara interdit (2005)

Sahara au jour le jour (2010)

Heroic Imperialists in Africa: The Promotion of British and French Colonial Heroes (2013)

Echoes of Empire: Identity, Memory and Colonial Legacies (2015)

Decolonising Imperial Heroes: Cultural Legacies of the British and French Empires (2016)

Labyrinthe de sable (2017)

Decolonising Europe? Popular Responses to the End of Empire (2020)

Unmasking the Colonial Past: Memory, Narrative and Legacy / Imperial and Commonwealth History (2023)

Ecrire le désert: aux sources de la “Saharomanie”, numéro spécial d’Outre-Mers (2026)

Alain Sèbe. Photographe spécialiste du Sahara, Alain Sèbe a publié une vingtaine d’ouvrages sur ce désert qu’il a parcouru inlassablement pendant un demi-siècle. Ses livres ont été traduits en plusieurs langues et ses travaux régulièrement primés, notamment par Kodak Allemagne, la Ville de Paris et l’Académie française.

Tikatoutine. Aboutissement de plus de cinq ans de recherches, cet imposant ouvrage fait découvrir à travers peintures et gravures rupestres la vie des populations sahariennes du Néolithique. Photographiées dans leur lumière naturelle, ces œuvres majeures de l’art universel évoquent le tassili des Ajjers avant la désertification, avec sa faune luxuriante et ses oueds verdoyants. Quelques doubles pages présentent en “grand écran” le cadre grandiose dans lequel s’inscrivent ces témoignages souvent découverts par Alain Sèbe au cours de ses méharées.

Et aussi:

Tagoulmoust, les gens du voile (1978, 1982 et 1993)

Lumières de la Saoura (1980)

Moula-Moula, le Sahara à vol d’oiseau (1981 et 1989)

Le Sahara de Berny (1982)

Kel-Essouf, le Sahara en montgolfière (1984)

Issoulane, le Sahara des tassilis (1987 et 1988)

Une traversée du désert (1994)

En pays touareg (1994)

Les deux frères et la pierre de miroir (1994)

Touknout, désert intime (1996)

Redjem, Sahara garamante (1996)

L’Image du Sahara (1999)

Redjem, Libye des grands espaces (2000)

Brèves de désert (2000)

Saharas entre Atlantique et Nil (2001)

Un œil qui jamais ne se ferme (2001)

Paroles de désert (2002)

Saharas d’Algérie (2003)

Tibesti, Sahara interdit (2005)

Le chameau le plus rapide du désert (2006)

Sahara au jour le jour (2010)

Le Sahara des tassilis (2010)

Labyrinthe de sable (2017)

Saharas d’Algérie (2003)

Tibesti, Sahara interdit (2005)

Le chameau le plus rapide du désert (2006)

Sahara au jour le Jour (2010)

Le Sahara des tassilis (2010)

Labyrinthe de sable (2017)

François Soleilhavoup est naturaliste et géologue-géomorphologue de formation mais c’est l’archéologie qui l’a poussé au voyage. C’est en Afrique du Nord, où il a travaillé pendant trente ans à répertorier et étudier le patrimoine rupestre, qu’il a mené ses plus ambitieuses recherches. Conseillé par Théodore Monod et correspondant du géologue André de Cayeux, il est l’auteur de plus de cent trente publications tant en France qu’à l’étranger. François Soleilhavoup voue sa retraite à la poursuite de ses recherches sur les stations rupestres à travers tout l’espace saharien – que ce soit dans le Fezzan libyen, le Gif-el-Kebir égyptien ou le Djebel-Uweïnat soudanais.

L’ Art mystérieux des têtes rondes au Sahara

Chacune des périodes qui se sont succédé au Sahara avant la désertification est caractérisée par un trait dominant de ses gravures et peintures rupestres. Des personnages aux Têtes rondes sont la marque de l’une de ces périodes datant d’il y a environ 8 000 ans. Dans l’histoire complexe des cultures du Sahara l’art des Têtes rondes précède les arts caractérisés par une représentation animale : bovidé, cheval, chameau. Il s’agit donc de la période la plus ancienne.
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Jacques Soyer, né en 1924, appartient à une famille d’officiers. Après un court séjour dans le maquis de l’Ain, il s’engage en 1944 pour la durée de la guerre. Après sa sortie de l’École Militaire en Algérie, il se porte volontaire pour l’encadrement des troupes sahariennes, dans le sud algérien notamment (El Oued, Timimoun, Kenadsa et Adrar).

Sable chaud

Souvenirs d’un officier méhariste – (1946-1959)

Dans cet ouvrage, Jacques Soyer évoque l’époque aventureuse où, sur leurs « vaisseaux du désert », les Méharistes partaient en mission pendant de longs mois avec pour objectif de faire flotter les couleurs tricolores sur l’immense espace saharien.

Archéologue préhistorien, Thierry Tillet (né en 1951) est spécialiste des milieux extrêmes, en particulier du Sahara.  L’essentiel de ses recherches a été mené au Tchad, au Niger, au Mali, au Maroc, en Libye, en Algérie et en Mauritanie.

Sahara / Paléomilieux et peuplements préhistoriques

L’objectif de ce livre était de confronter les derniers résultats dans le domaine de l’évolution paléoclimatique, paléoécologique et paléolithique du Sahara et de ses environs, principalement sur les rapports spécifiques qu’ont entrete­nus les populations paléolithiques avec leurs milieux.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Thierry_Tillet

Michel Vallet a administré comme Officier des Affaires sahariennes les tribus berbères de l’Atlas. De 1957 à 1962, il est officier méhariste dans l’Ahaggar (Sud de l’Algérie). Avec les Touaregs de l’Ahaggar qu’il commande, il mène des missions dans les campements touaregs de l’Ahaggar, de l’Adghagh des Ifoghas et dans l’Ouest du Tassili de l’Ajjer. Disciple de Germaine Tillon, résistante et une ethnologue française, il a également été chercheur au CNRS et a travaillé avec le Musée de l’homme et les grands centres de recherches africains de Bamako, Niamey, Tombouctou, Nouakchott, N’Djamena et Khartoum.

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Monique Vérité est conservateur à la Bibliothèque nationale de France et voyageuse au Sahara, en Mauritanie. Elle a recueilli les souvenirs d’Odette du Puigaudeau, exploratrice des années trente, publiant sa biographie et faisant rééditer une partie de ses œuvres . Elle est aussi l’auteur d’un Guide littéraire du Sahara (Favre, 1999) et de Henri Lhote : une aventure scientifique au Sahara.

Odette du Puigaudeau fut d’abord styliste chez Lanvin. Puis elle participa à des campagnes sur des thoniers bretons et devint journaliste, jusqu’au grand départ de janvier 1934, quand elle se lança avec son amie Marion Sénones « pieds nus à travers la Mauritanie ». Ce voyage fut une révélation : Odette consacra dès lors sa vie au Sahara occidental, vie d’aventures au temps des derniers rezzous, puis vie scientifique et littéraire tournée vers le peuple maure.